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Dès son lancement, en août 1880, le magazine est un succès. Des 19 000 exemplaires des premières années, le tirage passe à 100 000 exemplaires en 1887.

Cette même année, un roman à épisodes est encarté au centre de l'hebdomadaire qui propose ainsi aux lecteurs sept romans par an. Ce succès est largement dû à Claire Le Roux, épouse de Charles de Penanster. Pour autant son nom se dissimule sous l'existence d'une rédactrice en chef virtuelle, la Baronne de Clessy, inventée pour l'occasion.

En 1893 un patron de couture est inséré dans le magazine dont les ventes se multiplient pour atteindre 210 000 exemplaires.

Charles de Penanster et son nouvel associé, Emmanuel FERRE, créent une imprimerie comportant rotatives et atelier de composition. Les clients extérieurs se multiplient parmi lesquels des clients de renom comme les "Galeries Lafayette".
L'entreprise compte dix machines de presse et 110 salariés. Le coloriage apparaît, réalisé à la main.

Couverture
 

En 1898, le chef d'atelier invente une machine "aquatype" qui réalise automatiquement l'apport de couleurs. Cette machine sera primée lors de l'Exposition Universelle de 1900.

Le Petit Echo de la Mode poursuit son développement hebdomadaire au-delà des 300 000 exemplaires par semaine, tirage qu'il a atteint en 1900. Son complément, le "Petit Echo de la Broderie" est lui aussi un succès avec ses 35 000 exemplaires par semaine.

Il faut alors trouver de nouveaux locaux. La "Société Anonyme du Petit Echo de la Mode" s'installe dans le XIVe arrondissement de Paris, face au Parc de Montsouris. Quatre mille m2 de terrain accueillent siège social et imprimerie. On y loge aussi les écuries... car les livraisons se font encore à cheval et attelage.

 

Charles-Albert de Penanster a pris la suite de son père, décédé en 1901. Il poursuit le développement de l'entreprise qui compte alors 274 salariés et 3 000 correspondants en France et à l'étranger pour la diffusion d'un hebdomadaire de 16 pages.
Les restrictions de la guerre de 14-18 réduisent le magazine à 8 pages et au "noir et blanc". Un nouveau venu, le "Petit Echo en Campagne" raconte la vie du front et des poilus. L'après guerre voit un nouveau développement de la presse. Les locaux de Montsouris deviennent à leur tour étroits.

 
La tendance est aux délocalisations, à l'Ouest, loin d'un nouveau front éventuel. Charles-Albert Huon de Penanster est comme son père élu local. Ce Conseiller général des Côtes-du-Nord connaît bien son territoire
et choisit, en 1922, Châtelaudren pour y faire bâtir une nouvelle unité chargée de confectionner les travaux non urgents pour les Editions
de Montsouris et surtout les fameux patrons-modèles.
L'imprimerie bénéficie de la réserve d'eau de l'étang de Châtelaudren, dont elle est la nouvelle propriétaire, et de l'énergie hydroélectrique héritée de la papeterie qui l'a précédée.

Charles-Albert de Penanster meurt en 1923. Présidente du Conseil d'administration des Editions de Montsouris, Claire de Penanster, épouse du fondateur, appelle son deuxième fils à la seconder. Celui-ci interrompt ses études pour devenir directeur général de la société.
Le groupe de presse prend une importance considérable avec l'aide du directeur, Jean des Cognets. Sont lancées des éditions pour la jeunesse : "Pierrot" pour les garçons et "Lisette" pour les filles. En 1928, une nouvelle "revue universelle de la vie à la campagne" est éditée. Elle prend le nom de "RUSTICA" dont le succès se poursuit encore aujourd'hui.

1937 voit le lancement de "Guignol", une revue destinée aux adolescents. Le "Petit Echo" se porte bien et se vend à présent à plus de 900 000 exemplaires chaque semaine.

 

Surviennent les longues années de la seconde guerre mondiale. A l'automne 1939, un incendie dans les réserves chimiques de l'imprimerie de Châtelaudren cause la mort de huit personnes dont le directeur, Louis Brossard.
Le "Petit Echo" devient mensuel et réduit son volume à 8 pages.
La "Société du petit Echo de la Mode" change de patronyme pour devenir les "Editions de Montsouris".

La libération va voir le magazine reprendre une progression fulgurante. Le Petit Echo de la Mode, redevenu hebdomadaire en 1947, passe de 1 200 000 exemplaires à 1 500 000 à l'automne 1950

!La filiale Châtelaudrinaise tourne à plein régime. Elle imprime de nombreux ouvrages et produit les 2/3 de la production nationale de patrons-modèles, faisant des Editions de Montsouris la première entreprise française de patrons de couture : 6 millions de modèles sont vendus chaque année, 250 nouveaux modèles sont créés chaque saison.

La façade du petit echo
 

Les Editions de Montsouris poursuivent leur marche en avant avec l'édition de nouvelles revues : "Jeunesse Magazine", "Laines et Aiguilles", "Quatre saisons"... Elles accueillent de nouveaux clients prestigieux comme "Selection du Reader's digest".
Ce développement des publications entraîne le remaniement des installations de Montsouris, puis la création d'une nouvelle unité "Off-set" à Massy, en banlieue sud de Paris.
Si le "Petit Echo" fête avec succès ses 70 ans d'édition, de nouveaux magazines vont le faire paraître un peu désuet. Pour la première fois de son histoire, il n'est plus en phase avec le goût du jour.
Un concurrent l'a bien compris : "Femmes d'Aujourd'hui", hebdomadaire édité en Belgique avant d'être repris par Hachette, mais qui ne sait pas encore qu'il rachètera le titre phare des Editions de Montsouris en 1977.

Alors que le "Petit Echo" devient "L'Echo de la Mode", les ventes ne cessent de baisser. Les fonds propres de la société s'épuisent et l'entreprise voit baisser ses actions en bourse.

 

Les choses commencent à aller mal des 1970. Vente du patrimoine immobilier se réalise dans les années 70-73, notamment les maisons de fonction de la rue de la gare. En 1972, Jean-Claude OLIVO quitte l'entreprise et créé son propre studio graphique. En 1975, c'est au tour de Monsieur Philippe de créer l'imprimerie du Leff.

Les travaux d'impression change de nature à partir de 1975 et de l'arrivée de la rotative 8 pages. L'imprimerie offre ainsi de la typo, de l'offset, de la rotative. Elle imprime des catalogues, des dépliants publicitaires, continue le livre. Les patrons continueront d'être imprimés sur la Marinoni pratiquement jusqu'à la fin (vraisemblablement jusqu'en 1982).

Le passage de la linotype à la photocomposeuse se fait dans les années 1975-1976 en même temps qu'arrive la première Offset. Mais les deux systèmes cohabitent. Certains clients exigent même que pour certaines éditions de livres la composition se fasse au plomb. Cette technique permet alors une impression de meilleure qualité et une tenue de l'encre dans le temps.

 

Mais le travail manque et les licenciements vont se succéder :


- 1976 réduction de personnel en germe depuis 2 ou 3 ans déjà, l'effectif va passer de 200 à 187 personnes.
- 1978 on atteint 150 employés, Entre temps, on construit un nouveau batiment dans la zone de Fournello en Plouagat inauguré en 1979.
C'est, semble-t-il, à cette même période que la Ville de Châtelaudren rachète les vieux bâtiments (pour aider la nouvelle entreprise?) pour 900 000 frs.
A partir de cette date, les deux ensembles, Fournello et Châtelaudren vont fonctionner de concert. La même année, la rotative 8 pages est déménagée à Fournello puis une 16 pages qui vient de Massy (en fait d'Allemagne)

En 1981, entre la troisième rotative, une Zirkon Forta 660 qui tire chaque semaine 230 000 exemplaires du journal TINTIN. Mais en été 1981 à lieu une nouvelle vague de licenciements de 28 personnes ce qui porte à 120 le nombre d'employés restants, puis en mars-avril 1983 de nouveaux départs et un effectif de 90 personnes.

Août 1983. Après de nouvelles difficultés l'entreprise est mise en réglement judiciaire. Du matériel est mis en vente.
Alain SPEYBROCK et Philippe HENNE se lancent dans l'aventure de la création d'une nouvelle entreprise d'imprimerie en achetant quelques machines, Elle porte le nom de SH imprimeurs et s'installe en février 1984 dans des locaux de 350 m2 à Châtelaudren, rue du Gal Leclerc. En janvier 1990 elle quitte ces lieux devenus trop étroits pour s'installer dans 2300 m2 à Pordic.

En septembre 1983, le Tribunal de Guingamp prononce la liquidation des biens alors que l'entreprise emploie environ 90 salariés.
Sans travail, l'entreprise s'arrête entre septembre 1983 et mars 1984.

 
Une partie des salariés parlent de créer un SCOP. Sans suite. En février, on parle d'un possible repreneur : Mr Hytterhaegen, au nom de sa société parisienne de photogravure Sygma Color 2000.
Le plan est adopté est l'imprimerie "Sygma Prim" va tourner pendant 5 ans sans trouver sa vitesse de croisière.
En 1988, c'est un nouveau dépôt de bilan.
De nouveau 6 mois de règlement judiciaire et une recherche de repreneur. Le 10 mai 1989 est prononcé la liquidation. De nouveau l'idée d'une SCOP circule mais est rapidement abandonnée.
L'entreprise s'arrête de Mai à Août.
La reprise a lieu avec la création de la société Roto Armor en Septembre qui compte 9 personnes dont six anciens du Petit Echo. Dès lors la société va connaître un nouvel essor, s'agrandir, embaucher.
Elle compte aujourd'hui plus de 30 personnes et installe durant l'été 2000 le train de rotatives la plus moderne, modèle unique en Europe.
 
 
1 commentaire(s) sur cette page
Mme Bertrand
le 19/09/07 à 20:23:10
 

Bonjour, je détient des exemplaires du petit écho de la mode datant du 19 éme siècle.

à combient les estimez-vous ?

 

 
 
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